J’arrive à un âge où j’aime à me rappeler quelques-uns des souvenirs de mon enfance. Je ne devrai donc pas tarder à entrer dans la catégorie que les jeunes dénomment «les vieux cons» ; non sans beaucoup d’affection, il s’entend.
Il n’empêche que c’était drôlement mieux, avant !
Gamin, j’ai grandi à Lyon ; en plein centre ville ; et je me souviens de bon nombre de virées que j’ai faites avec mon grand-père. Je suis sûr que nous sommes nombreux à avoir plein de souvenirs de nos grands-pères. Le mien faisait partie des bons vivants, des jouisseurs. Il aimait par dessus tout la bonne cuisine, et il m’emmenait dans toutes les grandes maisons Lyonnaises, à la découverte des produits qui ont fait la réputation culinaire de la ville. Quenelles au brochet, saucisson pistaché et autres cervelles de canuts font partie du patrimoine qu’il a souhaité me léguer.
En terme de vêtements et de mode, je pense que beaucoup de ma sensibilité vient également de cette époque. Une époque où j’ai pu entrevoir le travail des derniers chapeliers, gantiers et tailleurs pour dames, et pour hommes. Chaque vêtement était alors taillé directement aux mesures du client, et il fallait à ce dernier plusieurs semaines de patience avant de porter son nouveau costume ou sa nouvelle chemise. Ce temps et cette attention accordés à la confection du vêtement étaient la source du soin extrême que nos grands-parents accordaient à leur garde-robe.
Du temps, du goût, du soin, et de belles choses… et pas plus de moyens que nous aujourd’hui.
Ah, nostalgie…